Dans les semaines qui ont suivi l’attaque du Hamas du 7 octobre, des vidéos à connotation religieuse ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Des dizaines de jeunes femmes ont posté des vidéos d’elles-mêmes découpant leurs vêtements « impudiques », jeans, hauts courts, mini-robes, jurant de les remplacer par des jupes et des couvre-chefs modestes.
Dans un clip viral de TikTok, une jeune influenceuse réduit solennellement sa garde-robe en lambeaux, la déclarant comme une offrande pour la délivrance nationale. « Créatrice du monde, en coupant ces vêtements, j’ai supprimé les décrets sévères contre Israël », dit-elle, expliquant qu’elle ne ferait même pas don des vêtements de peur de « faire trébucher quelqu’un d’autre » en les portant.
D’autres images ont également circulé, celles de pop-ups de téfilines, de pâtisseries de challah dans les quartiers et, sur les réseaux sociaux et dans la rue, d’une augmentation notable du nombre d’amulettes et de pendentifs religieux. Des hamsas, des étoiles de David et des colliers en forme de carte d'Israël ou de l'ancien temple de Jérusalem sont apparus partout.
Deux ans plus tard, alors que la guerre acharnée à Gaza touchait à sa fin, ces premières scènes ont pris l’apparence d’un moment spécifique. Pourtant, le choc spirituel de ces premières semaines ne s’est pas complètement estompé et la pratique religieuse accrue est devenue partie intégrante du rythme quotidien du pays.
Un sondage publié en novembre par le Jewish People Policy Institute a révélé que 27 % des Israéliens ont accru leur observance des coutumes religieuses depuis le début de la guerre. Environ un tiers des Juifs israéliens déclarent prier plus fréquemment qu’avant la guerre, et environ 20 % déclarent lire le Tanach ou les psaumes plus souvent.
Un rabbin tient un stand pour prier avec des téfilines dans le sud de Tel Aviv, le 8 octobre 2023. (crédit : YAHEL GAZIT/Middle East Images/AFP via Getty Images)Le chef du JPPI, Shuki Friedman, a déclaré que de nombreux Israéliens, et en particulier les jeunes, ont le sentiment que la guerre les a reconnectés à la tradition et à l’identité juive « pas nécessairement d’une manière halakhique, mais d’une manière qui se manifeste très fortement dans leur vie et dans l’espace public ».
Surtout, le changement a été plus spectaculaire parmi les Israéliens qui avaient déjà un pied dans la tradition, ceux qui ont grandi dans des « masorti » ou des foyers traditionnels mais pas strict...
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